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LE MOT DE LA SEMAINE Matriarcat

Le jeudi 10 décembre 2020

MATRIARCAT

Au cours de mes recherches sur la maternité, je glane des mots peu usités ou mal compris. Des mots qui éclairent autrement l’histoire et le monde dans lequel nous baignons. Des mots qui nous permettent de regarder les choses autrement, qui peuvent nous donner des perspectives et des alternatives aux modes d’organisation familiale, économique, sociale que nous connaissons.

Toutes les informations que je rapporte ici sont issues de la recherche de Heide Goettner-Abendroth, philosophe allemande qui se consacre aux études sur les sociétés matriarcales et matrilinéaires.

Le mot matriarcat est de prime abord compris comme l’antonyme du patriarcat. Ce serait un système dans lequel la mère prendrait l’ascendant dans la sphère familiale et sociale. Or, il n’en est rien si on étudie la longue histoire de l’humanité.

Commençons par l’étymologie. Le terme grec « arkè » que l’on retrouve dans les deux mots veut à la fois dire « domination » et « début ». Ce sont deux significations bien distinctes. Matriarcat signifie mères depuis le début en référence au fait qu’elles sont à l’origine de la vie en donnant naissance mais aussi qu’elles initient la culture. Alors que le patriarcat s’est imposé par la domination faute de pouvoir revendiquer d’être à l’origine et signifie l’hégémonie des pères.

Ce n’est que depuis 3 à 4000 ans et plus tard dans d’autres parties du monde que le patriarcat s’est propagé et imposé. En quelques siècles de domination patriarcale, les récits historiques ont gommé des millénaires de civilisations matriarcales qui les ont précédé.

La caractéristique principale des sociétés matriarcales dont on retrouve des traces sur tous les continents c’est qu’elles ont égalitaires entre les sexes. Des sociétés dans lesquelles il n’y a pas de hiérarchie de genre où une personne est supérieure à l’autre, ni de métier supérieur, ni d’activité supérieure à une autre.

Dans son livre, Les Sociétés Matriarcales, Recherches sur les cultures autochtones à travers le monde, traduit en français en 2019, Heide Goettner, documente de manière très large et très fouillée, les différentes formes que prennent ces formes d’organisations sociales non patriarcales au travers de l’histoire et de par le monde.

Pour citer un exemple, les cultures matriarcales de l’Inde du Nord-Ouest ont joui d’une longue continuité jusqu’à l’arrivée d’envahisseurs patriarcaux et ont également profondément influencé l’Inde du Sud jusqu’à nos jours Les sites les plus célèbres qui témoignent de ces formes de civilisations sont Mohenjo-Daro et Harappa. Tout ce qui témoigne de cette culture pré-patriarcale est appelé dravidien. En Inde du Sud, les villes les plus importantes, Calcutta et Calicut, portent le nom de l’ancienne déesse Kali.

Dans la période de chaos que nous traversons et qui met en lumière les limites du système politique, social et économique dans lequel nous vivons et que les structures patriarcales qui les fondent sont remises en question lorsque nous envisageons de construire un monde plus égalitaire, nous pouvons trouver beaucoup d’inspiration dans ces civilisations qui nous ont précédées.

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